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Auteur Sujet: Continuer sur cette réflexion...  (Lu 347 fois)
Sihame LAMTI
Invité


Courriel
Continuer sur cette réflexion...
« le: 06/05/2004 à 21:05:12 »

Salam aleïkoum,

Juste pour vous rassurer, vous n’êtes pas en bi-logue (expression « hatimienne ») mais le débat vit bel et bien, et de plus en plus, jusque dans les assises et les projets…

Aussi, pour continuer sur cette réflexion de la terminologie…
Comme on dit en linguistique fonctionnaliste « L’usage n’a pas attendu le sens pour définir l’objet. »

Le vocabulaire religieux que nous utilisons nous est hérité des confréries jésuites des siècles précédents, et nous l’attribuons à une réalité toute jeune, à savoir ce bébé qui s’appelle l’islam de France.
Bien trop souvent, nous traduisons des notions arabes, souvent coraniques ( donc riches de gros tiroirs sémantiques) par des lexies françaises uni-sémiques. La question n’est pas de créer un complexe de la langue française en disant qu’elle n’est pas assez riche pour traduire la force du mot arabe… De grâce, ne rentrons pas dans ces débats gratuits et trop simplistes. Bien au contraire, toute langue est un moyen, justifié par sa finalité. On serait bien étonné de voir ce qu’il est possible de réaliser par cette langue latine (je vous renvoie, pour cela, à l’ouvrage Quand dire c’est faire de John Langshaw Austin, ou les thèses sur le langage et le sublime de Wittgenstein).

 Et la liste est longue dans ce genre de réflexes à vouloir traduire à tout prix… Je crois avoir laissé, à ce sujet, un message dans la rubrique « invocations » pour encourager les visiteurs et les rédacteurs à ne pas enfermer, emprisonner la sémanthèse des concepts clés de notre religion.
Il en était de même quand, pendant longtemps nous avons traduit le concept de « tawba » par le mot « repentir » hérité d’un principe archaïque qui consiste à assurer le salut de l’homme sur terre par une éternelle repentance ! Heureusement aujourd’hui, nous nous relevons de cette appellation anihilante en préférant celle de « retour à Dieu » qui marque la constance, l’endurance du dévot pour cette pratique.
Nous enfermons encore et toujours le sens du mot « sohba » dans celui de « fraternité ».
Mais le comble est quand même attribué à la traduction du mot « ta’a » par « obéissance » ! A vouloir traduire, on a, ici, exprimé son contraire. Pourquoi : « ta’a » constitue un des fondements de toute activité organisationnelle (au même titre que « el mahabba » et « ech choura »). Il s’agit donc de concepts dynamisants, une isotopie du mouvement et de l’action. Par l’usage de « obéissance », on véhicule un sens statique, un état (souvent subi d’ailleurs!) et non une action. Cqfd: à vouloir traduire, on exprime un contraire.

Je suis complètement d’accord avec notre frère Abdelaziz qui encourage à prendre en compte « l’inspiration » des auteurs (ou locuteurs) au moment contemporain de l’usage qu’ils font du mot, comme une sorte de « genèse de ces mots ». D’ailleurs, je pense que tout est là. Si on est d’accord avec le fait qu’une langue est une vision du monde, elle devient alors particularisante, autant que peut l’être une cellule ADN, ou une empreinte digitale par exemple. Comme si « Dis-moi quelle langue tu parles et je te dirai qui tu es ».

La philosophie est une langue parlée par les philosophes et la peinture est une langue parlée par les peintres. C’est à chaque fois un code, un chiffre. A notre échelle, nous ne pouvons comprendre une loi métaphysique ou un tableau d’art abstrait, qu’après une bonne traduction. Le travail est donc de décoder les notions, de les déchiffrer pour tous, afin de s’assurer que nous parlons bien tous la même langue, le même code, le même chiffre.
Grâce à Dieu, ce travail est déjà commencé. On parle déjà de \"l’esprit PSM », nul doute qu’il se matérialisera dans une « langue PSM ».
Pour ce faire, au travail tout le monde, ce site est un cadeau du ciel pour quiconque souhaite relever ses manches sur ce chantier. Merci à tous ceux qui PARTICIPENT à son entretien et son amélioration…

Que Dieu nous compte parmi les sincères.
Sihame LAMTI.
Journalisée
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